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En quatrième vitesse. Robert Aldrich. 1955

Aujourd’hui encore, En quatrième vitesse (Kiss me deadly) reste l’un des cauchemars les plus fascinants de l’Amérique. Naviguant en eaux troubles, le chef d’œuvre de Robert Aldrich explore les lilites du film noir, genre national en fin de vie, et propose une vision paranoïaque et morbide d’une Amérique hantée par la violence, les fantômes et l’apocalypse nucléaire.

Générique inversé, épuisement d’une respiration qui s’étouffe dans des sanglots discrets : en 1955, le film noir est littéralement «à bout de souffle»,  un cadavre que Robert Aldrich décide de réanimer une dernière fois.  Œuvre née à la frontière du royaume des morts, En quatrième vitesse fait voyager les codes du film noir à la frontière de l’étrange et du fantastique. Son détective est  un Lazare qui n’a pas le « même goût que les autres », un mort-vivant sans âme. Son histoire est celle d’une errance et lui-même ne semble plus savoir à quel monde il appartient. Dans un Los Angeles sans ciel magnifié par la photographie d’Ernest Laszlo, une menace plurielle distille sa terreur et alimente la paranoïa d’un pays déjà figé dans la peur de la bombe nucléaire. Désigné par des «Ils» et des «Qui?», contenu dans une boite aux pouvoirs méconnus mais que tout le monde convoite, le danger est partout et sans visage.
Dans ce monde au bord du chaos, Mike Hammer – Impeccable Ralph Mekker – se cherche une raison d’être. Abonné à la violence, opposant au monde son style désabusé et cynique, il est le dernier emblème du film noir et le premier anti-héros du  style néo-noir. Mike Hammer s’obstine à trouver des réponses comme autant de raisons de vivre, transforme une enquête en quête obsessionnelle et identitaire. Plongeant dans les arcanes labyrinthiques d’un enfer urbain peuplé de garces et de truands interchangeables, il est aussi un Orphée moderne dont la grossière misogynie dissimule l’absence d’une Eurydice. C’est avec un peu de cette quête amoureuse au relents mythologiques que Robert Aldrich inscrit son œuvre dans la grande tradition du romantisme noir. Une tonalité singulière qui résonnera 40 ans plus tard dans les mélodrames fantasmagoriques de David Lynch (Lost Highway en 1997, Mulholland drive en 2001).

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artoff1524En quatrième vitesse (Kiss me deadly). 1955. 106 minutes.
Réalisé par Robert Aldrich.
Scénario de A.I. Bezzerides.
D’après le roman Kiss Me Deadly de Mickey Spillane.
Photographie d’Ernest Laszlo.
Avec Ralph Mekker, Maxine Cooper, Nick Denis
En salles le 31 août 2016.
Distributeur : Ciné-Sorbonne.


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Le point de non retour. John Boorman. 1967
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