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L’histoire sans fin. Wolfgang Petersen. 1984

Plan d’une proposition d’analyse présentée dans la cadre du dispositif École et Cinéma du Calvados (Basse Normandie).
Durée de l’intervention : 2h30.

La participation de L’histoire sans fin dans le cadre du dispositif École et cinéma n’est pas sans problème. Comment s’approprier une oeuvre qui cache mal son opportunisme commercial, un « film de Noël » – du moins, en France ou il est sorti puis ressorti en novembre et décembre – qui se révèle une juteuse coproduction germano-américaine à vocation internationale – chanson de générique en anglais – et au scénario apparemment simpliste?

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Pour mieux s’assurer son succès, L’histoire sans fin n’invente rien et propose au public un modèle rassurant qui lui offre ce qu’il est venu chercher : à l’inverse de l’innovation, c’est à l’archaïsme que fait appel le film. Cet archaïsme permet d’identifier facilement les personnages et une structure qui nourrissent une morphologie du conte telle que décrite par Vladimir Propp.

Au-delà du modèle qu’il représente, L’histoire sans fin égrène quelques éléments qui rappellent discrètement ses origines germaniques. Le cinéaste invoque une imagerie directement issue d’une tradition germanique  qui a déjà nourrie le cinéma allemand et inscrit son oeuvre dans une histoire nationale.
Film à visée internationale, L’histoire sans fin cède parfois  à un syncrétisme  dont on pourra identifier les multiples sources.

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L’histoire sans fin est un récit initiatique qui propose une série d’épreuves.
Si le loup en est une représentation traditionnelle – on revient aux sources des contes d’Esope et des frères Grimm -, l’un des aspects les plus intéressants du film est la représentation du mal par un néant qui représente à la fois la peur du noir, la peur de la mort et la fin du cinéma.
Le jeu chromatique, la déformation des images puis leur disparition 
sont l’une de ses nombreuses manifestations.

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L’histoire sans fin propose une mise en abîme de deux mondes destinés à se rencontrer puis à fusionner. Cette fusion est un rite de passage pour nos héros qui symbolise la fin de l’enfance et l’entrée dans un monde d’adultes (selon la proposition de Bruno Bettelheim dans sa psychanalyse des contes de fées).
A partir de la gémellité des personnages, L’histoire sans fin entretient une porosité entre deux mondes qui  fonctionne selon le principe cinématographiques du raccord dont la fonction est d’assurer une continuité ou une discontinuité.

C’est le cadre, qui permettra au réalisateur d’exclure son personnage du monde des adultes et de le cloisonne dans un espace rêvé, reconnaissable par une utilisation particulière de la lumière.
Son retour à la réalité et au monde des adultes sera rendu possible par la fusion de deux personnages qui représentent le moi et le sur-moi du même individu.
Le conte peut alors s’achever.

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About Les Ateliers de la Rétine (68 Articles)
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